Home Assistant : Peut-il faire office de gestionnaire d’énergie⚡️?

Voilà, j’ai enfin décidé de me mettre sérieusement à Home Assistant 🤖. Oui, oui ! Je vous ai entendu, j’en ai mis du temps… Mais je pense que c’est la bonne cette fois-ci (j’espère du moins). Dans cette série d’articles, je vais me concentrer sur le fait de savoir si le projet domotique Home Assistant peut être utilisé comme un bon gestionnaire d’énergie. Pourquoi Home Assistant ? Tout simplement qu’avec les années, c’est devenu l’une des meilleures références dans la domotique “gratuite” (open source plutôt) et que les intégrations sont très nombreuses.

L’idée de cette série d’articles est donc de vous partager mes essais et de vous guider pour faire vos premiers pas à votre rythme aussi. Clairement, je ne vais pas beaucoup aborder la partie domotique “pure” comme piloter l’éclairage ou l’ombrage. Je vais concentrer mes articles, du moins dans un premier temps, sur la gestion de l’énergie solaire et l’optimisation de l’autoconsommation. Depuis le temps, vous devez avoir compris que c’est ce qui agite le plus mon cerveau et finalement… m’amuse 😊 !

Introduction (rapide) à Home Assistant

Commençons par la base de chez base comme on dit… Home Assistant se présente comme une plateforme de domotique open source, conçue pour centraliser et gérer de manière intégrée différents appareils au sein d’un domicile (ou même de locaux techniques et professionnels). Cette intégration inclut toute une série de moyens de maitriser sa consommation d’énergie.

Vous ne savez pas ce que c’est l’open source ? C’est très simple, l’open source est un principe de partage et de collaboration où le code de la solution (ce qui construit les programmes comme Home Assistant) est rendu public. Cela permet ainsi à quiconque de le consulter, de le modifier et bien évidemment de l’améliorer. Cette approche favorise l’intelligence collective en s’appuyant sur une communauté de développeurs qui contribuent à rendre les logiciels adaptés aux besoins de chacun. Mais je vous rassure tout de suite, le projet Home Assistant possède d’excellents Cerbères qui empêchent les modifications impromptues ou qui ne respecteraient pas les standards de qualité du logiciel.

Home Assistant est très largement utilisé, le projet dispose d’ailleurs d’une page de statistiques qui permet d’obtenir beaucoup de détails sur comment les gens l’utilisent… s’ils ont accepté de fournir ces informations lors de l’installation. Donc au moment où j’écris ces lignes plus de 330’000 installations d’Home Assistant sont actives dans le monde et partagent leurs statistiques avec la communauté. Vous comprenez alors mieux pourquoi les membres référents de la communauté sont très précautionneux avant de valider des changements dans le code. L’impact sur plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs serait très peu récréatif pour eux.

Pour vous faire une idée un peu plus détaillée qui parlera un peu plus aux professionnels aussi : 3’400 installations de l’intégration Enphase, 5’200 de SolarEdge, 3’700 de Fronius… C’est énorme et la communauté est gigantesque.

Si l’on revient un peu plus dans le détail, Home Assistant vise à offrir aux utilisateurs un contrôle sur leur environnement domotique, facilitant ainsi la gestion de la maison grâce à l’automatisation et à l’interconnectivité des appareils. Home Assistant transforme l’expérience de la maison intelligente, la rendant plus accessible et adaptée aux besoins spécifiques de chaque utilisateur, quel que soit le standard ou la marque de l’appareil et sans vous enfermer dans un écosystème précis ou propriétaire.

D’un point de vue de l’optimisation solaire, l’avantage significatif d’Home Assistant réside dans sa capacité à intégrer une gestion énergétique avancée. Dans un contexte où la consommation d’énergie représente une préoccupation croissante, tant pour des raisons économiques qu’écologique, Home Assistant propose des outils permettant de surveiller et de contrôler l’utilisation de l’énergie au sein du foyer.

La gestion de l’énergie via Home Assistant s’appuie sur la collecte de données en temps réel concernant la consommation des différents appareils connectés et de compteurs intelligents qui peuvent être ajoutés. Grâce à ces informations, les utilisateurs peuvent identifier les sources de consommation inutile et ajuster leurs habitudes ou paramètres d’automatisation en conséquence. De plus, pour les foyers équipés de panneaux solaires, Home Assistant offre la possibilité de maximiser l’utilisation de l’énergie produite localement, contribuant ainsi à une augmentation de l’autoconsommation par des déclencheurs précis.

En conclusion, Home Assistant se distingue comme une solution de domotique avancée, offrant non seulement une automatisation et une personnalisation du logement, mais aussi un moyen efficace de gérer et d’optimiser la consommation d’énergie. Nous n’irons pas plus pour ce premier article, mais je reviendrais avec un article détaillé pour savoir comment débuter… 😊

Le tableau de bord “Énergie”

L’élément le plus structurant pour début avec Home Assistant et la gestion d’énergie se cache derrière un tableau de bord prédéfini qui se nomme “Énergie”. Celui-ci vous propose tous les atouts nécessaires pour débuter sereinement et surtout… facilement. Dans ce premier article, je vais principalement vous présenter ce tableau de bord et ses options de base. Cela devrait nous aider à comprendre si Home Assistant peut se révéler un bon gestionnaire d’énergie ou non… En même temps, c’était un peu le but de cet article, sauf erreur 😅.

Tableau de bord “Énergie” d’Home Assistant

Comme vous pouvez le constater ci-dessus, celui-ci offre une approche déjà très élégante pour débuter. Il ne faut pas grand-chose comme informations pour en arriver là. Nous y reviendrons plus bas.

Il faut savoir que tous les graphiques principaux de ce tableau de bord sont mis à jour par tranche horaire d’une heure. Je précise bien, pour ce tableau de bord. Car ces informations sont disponibles en direct par d’autres méthodes relativement simples, mais qui ne font pas partie de ce premier article. En attendant, regardons un peu en détail les différents éléments qui le composent.

Consommation d’énergie

Consommation d’énergie

Après avoir intégré vos compteurs ou installations solaires, Home Assistant peut vous produire relativement rapidement ses premiers graphiques.

  • En bleu : la consommation électrique qui est importée depuis le réseau électrique
  • En violet : la production solaire qui est exportée vers le réseau électrique
  • En orange : l’autoconsommation de votre énergie solaire

Production solaire

Production solaire

La production solaire affiche très simplement par tranche horaire la production pour une durée déterminée. Dans la large majorité des cas, vous pouvez retrouver cette information nativement avec votre onduleur. Mais la force d’Home Assistant comparé aux solutions natives des fabricants étant sa capacité à s’intégrer avec à peu près n’importe quoi…

Home Assistant intègre aussi nativement un service de prédiction solaire pour votre adresse en fonction de la disposition de vos panneaux et la météo prévue. Cette visibilité est accessible gratuitement pour 3 jours et elle peut être étendue à plus de jours si vous acceptez de débourser quelques sous supplémentaires. Ce service est fourni par une intégration avec Forecast.Solar. Sur le graphique ci-dessous, vous pouvez visualiser la courbe de prédiction en pointillé noir :

Prédiction solaire en pointillé noir

Ces prédictions, tout comme les autres valeurs, peuvent être utilisées ensuite dans des “déclencheurs”. Par exemple, il est possible de prédire s’il faut charger sa voiture durant la nuit ou attendre la production solaire prévue demain… Mais encore une fois, nous n’irons pas dans ce détail aujourd’hui.

Distribution d’énergie

Distribution d’énergie

Le graphique de distribution d’énergie représente de manière un peu plus imagée les différents flux que je vous ai présenté plus haut. La chose la plus perturbante avec ce graphique c’est qu’il ne s’agit pas d’énergie en direct, mais de la distribution d’énergie totale qui se cumule. Donc attention au piège au début, cela clairement fait tourner en bourrique au début, car je ne comprenais pas les valeurs.

Dans le cadre de cet article, je ne vais pas le présenter, mais il faut savoir qu’il est possible d’intégrer beaucoup d’autres informations à ce graphique de distribution d’énergie. On peut ajouter, par exemple, la consommation de gaz, d’eau ou intégrer une batterie liée au système solaire. Mais pour ce premier jet, nous n’irons pas plus loin… Il faut laisser un peu de place pour de futurs articles 😉 !

Exportation, autoconsommation et autosuffisance

Trois autres éléments du tableau de bord vous permettent de mieux saisir comment vous utilisez l’énergie à disposition :

  • Net restitué au réseau : Ce graphique vous indique quelle part de l’énergie produite a été exportée vers le réseau électrique
  • Énergie solaire auto-consommée : Sur la totalité de votre production solaire, ce graphique vous indique quelle part a été auto-consommée pour vos propres besoins.
  • Autosuffisance : Ce dernier graphique vous indique sur la base de votre consommation électrique totale, quelle part a été couverte par votre production solaire. Dans le cas de ce graphique, 70% de l’énergie consommée ce jour-là provenait uniquement de notre installation solaire.

Appareils individuels

Appareils individuels

Plus vous ajoutez de compteurs à votre installation, plus vous allez gagner en détail et en visibilité sur votre production. Cela permet de clairement identifier les principaux consommateurs. Vous pouvez ensuite ajouter individuellement chacun de ces compteurs (des Shelly Pro 3EM dans mon cas) et gagner une immense visibilité sur votre manière de consommer de l’énergie.

Dans cet exemple ci-dessous, vous pouvez constater que j’ai ajouté des compteurs dans mon tableau électrique pour la pompe à chaleur, le rez-de-chaussée, l’électroménager de la cuisine, la buanderie et le premier étage.

La documentation

Cet article vise à réaliser un premier partage avec vous des capacités d’Home Assistant utilisé comme gestionnaire d’énergie. Si vous êtes pressés et ne désirez pas attendre les prochains articles à ce sujet, il faut savoir que tout l’écosystème Home Assistant est relativement bien documenté. Tout n’est pas très clair du premier coup, mais il est possible de se retrouver en utilisant les quelques documentations suivantes :

Intégration de base

Pour arriver à composer la première version du tableau de bord d’énergie, il est évidemment nécessaire de pouvoir obtenir les informations de production et de consommation de votre installation électrique. Pour ce faire, il existe de nombreuses possibilités.

Ne voulant pas aller en détail dans cet article, il faut savoir que dans bien des cas, vous pouvez intégrer directement vos onduleurs. Tous les exemples ci-dessus proviennent de mon installation Enphase avec les API locales que je vous ai déjà présentées plusieurs fois12. En principe, vous pouvez obtenir un résultat relativement similaire en intégrant votre onduleur SolarEdge ou Fronius par exemple.

Si votre onduleur n’est pas nativement compatible, vous pouvez toujours très facilement ajouter des compteurs supplémentaires comme le génial Shelly Pro 3EM que l’on trouve à peu près partout dans les commerces suisses. Néanmoins, je n’irais pas plus loin dans le cadre de cet article. Le but étant de vous donner un aperçu avant tout.

Après tout ça, cela ne s’annonce pas trop mal !

Vous l’avez très certainement compris, j’ai été séduit par ces premiers essais même si c’était mal parti avec mes expériences précédentes. La gestion d’énergie est très poussée et ouvre un large spectre de possibilités. On sent que le produit a atteint un très haut niveau de maturité. Clairement, j’ai déjà été un peu plus loin avec d’autres intégrations désormais et je vais vous partager ça dans de prochains articles. Pour l’heure, je ne peux que conclure que oui, Home Assistant peut être un très bon gestionnaire d’énergie… Alors, continuons les découverts ensembles, mais comme déjà indiqué… dans de prochains articles ☺️ !

  1. https://mesgeekeries.ch/2023/11/04/decouvrir-les-api-enphase-iq-gateway-envoy-s/ ↩︎
  2. https://mesgeekeries.ch/2024/02/03/enphase-demystifier-les-api-locales-avec-des-projets-open-source-en-python/ ↩︎

2 réflexions sur « Home Assistant : Peut-il faire office de gestionnaire d’énergie⚡️? »

  1. Bonjour,, je lis vos articles depuis quelques semaines et je vois que vous utilisez Solar-Manager et Home assistant. Je m’interroge sur la manière d’intégrer ces 2 systèmes. Y-a-t-il pas un doublon ?

    1. Bonjour Claude, merci pour le commentaire ! Alors pour l’instant toute l’intelligence pour piloter les équipements, je la conserve uniquement sur Solar Manager. J’utilise Home Assistant pour sortir les données sur la durée (les graphiques), ce que Solar Manager ne sait pas bien faire.

      Mais globalement, je suis vraiment au stade d’expérimentation avec Home Assistant. Ce n’est pas simple de faire de l’automatisation en fonction de la production, Solar Manager est bien meilleur sur ces aspects (mais ce n’est pas impossible de le faire).

      Ensuite, rien n’empêche d’utiliser les deux simultanément tant qu’on ne pilote pas les mêmes appareils en même temps. C’est dire que je peux désactiver dans Solar Manager le pilotage d’une borne Easee par exemple et réaliser mes tests avec Home Assistant (c’est ce que je fais ces jours).

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